Vivre, l'homme et la bête

 

Barbara Puthomme

Les travaux de Barbara Puthomme sont envahis par deux figures animales: le cerf et l’oiseau. Si des plumes de l’un, elle fait des paysages enfermés ou des croix aériennes, de l’autre, c’est la représentation qui s’impose. Le cerf comme maître des forêts est le pendant de l’homme, souverain des villes. En cela pourraient s’incarner les inégaux rapports de forces qui vouent le cerf à la mort. Devant des tableaux d’animaux morts allongés sur des écrins de velours, l’artiste présente une lecture chorégraphiée de son texte L’anima de l’hallali du cerf. La célèbre peinture de Gustave Courbet y est analysée, en appui à des références mythologique, chrétienne et beuysienne.

La bestialité déployée par l’homme est généralement occultée par une volonté de maintien de l’ordre du monde. Mais dans ces rituels de la chasse, la «quête de la mort» est comparable à une jouissance. Or si le cerf possède un caractère sacré, l’anima, qui le relie au divin au moment de sa mort, alors peut-être est-il pensable que l’homme recherche de manière occulte ce «dévoilement du divin». Barbara Puthomme renverse là les rapports de forces et affirme «la victoire finale de l’animal qui échappe au sacrifice».

Catherine Le Dourneur

 

L'anima de l'halali du cerf © ArtBFC - 2011